Hyper-V Windows 11 : activer et utiliser la virtualisation intégrée
Vous voulez faire tourner une machine virtuelle sous Windows 11 sans installer VirtualBox ou VMware. Si vous avez Windows 11 Pro, Éducation ou Entreprise, Hyper-V est déjà dans le système. Il suffit de l’activer.
Hyper-V est un hyperviseur de type 1 : il s’exécute directement sur le matériel, pas par-dessus Windows comme VirtualBox. Résultat, des performances proches du natif, sans licence supplémentaire. Le revers, c’est qu’il n’est pas disponible sur Windows 11 Famille et qu’il entre en conflit avec d’autres hyperviseurs de type 2 si vous les utilisez en parallèle.
Vérifier la compatibilité
Avant d’activer quoi que ce soit, trois points à contrôler.
D’abord, votre édition de Windows. Allez dans Paramètres > Système > Informations système et regardez la ligne « Édition ». Si vous voyez « Windows 11 Famille », Hyper-V n’est pas disponible. Il faut au minimum la version Pro.
Ensuite, la virtualisation matérielle. Votre processeur doit prendre en charge SLAT (Second Level Address Translation) et VM Monitor Mode Extensions. La quasi-totalité des CPU Intel Core i et AMD Ryzen récents les intègrent, mais vérifiez dans le BIOS/UEFI que Intel VT-x, AMD-V ou SVM est bien activé.
Enfin, la RAM. Microsoft recommande 4 Go minimum, mais prévoyez au moins 8 Go pour faire tourner Windows 11 et une VM en parallèle. Chaque VM consomme la RAM que vous lui allouez, en plus de celle de l’hôte.
Pour un diagnostic rapide, ouvrez PowerShell en administrateur et tapez :
systeminfo | findstr /C:"Hyper-V"
Si les quatre lignes « Exigences Hyper-V » affichent Oui, votre PC est prêt. Si l’une d’elles indique Non, vérifiez le paramètre correspondant dans le BIOS. Pour un guide pas à pas sur la vérification de compatibilité, consultez notre article dédié.
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Activer Hyper-V
Deux méthodes, l’une graphique, l’autre en ligne de commande.
Par les fonctionnalités Windows. Ouvrez Panneau de configuration > Programmes > Activer ou désactiver des fonctionnalités Windows. Cochez Hyper-V (la plateforme et les outils de gestion), validez, puis redémarrez.
Par PowerShell. Une commande suffit :
Enable-WindowsOptionalFeature -Online -FeatureName Microsoft-Hyper-V -All
Redémarrez ensuite. Le Gestionnaire Hyper-V apparaît dans le menu Démarrer. Si vous débutez avec PowerShell, voici les premières commandes utiles pour prendre vos repères.
Créer une première machine virtuelle
Dans le Gestionnaire Hyper-V, volet de droite, cliquez sur Nouveau > Machine virtuelle. L’assistant vous guide en quelques étapes.
Nommez la VM (par exemple « Debian-Test ») et choisissez un emplacement avec assez d’espace disque. Les disques virtuels peuvent peser plusieurs dizaines de Go : évitez un SSD déjà saturé.
Choisissez Génération 2 pour un OS récent (Windows 10/11, Linux noyau 4.x+). La Génération 1 reste utile pour les vieux OS 32 bits.
Allouez au moins 2 Go de RAM pour un Linux léger, 4 Go pour Windows. Activez la mémoire dynamique si vous voulez qu’Hyper-V ajuste la RAM selon les besoins réels de la VM, sans réserver la totalité en permanence.
Pour le réseau, sélectionnez Default Switch lors du premier test. Ce switch donne un accès Internet via la connexion de l’hôte, sans configuration manuelle.
Créez un disque dur virtuel, définissez sa taille, puis montez une image ISO. Terminez l’assistant, faites un clic droit sur la VM > Connecter > Démarrer. L’installation de l’OS se lance comme sur une machine physique.
Comprendre les switches réseau
Hyper-V propose trois types de commutateurs, et c’est souvent là que ça coince pour un débutant.
- Default Switch : NAT automatique. La VM a accès à Internet, mais n’est pas visible sur le réseau local. Parfait pour des tests isolés.
- Switch externe : la VM obtient sa propre IP sur votre réseau local, comme un PC physique. Utile si vous voulez qu’elle héberge un serveur accessible depuis d’autres machines.
- Switch interne / privé : communication uniquement entre VMs et avec l’hôte. Idéal pour un lab fermé.
Pour créer un switch externe, allez dans Gestionnaire Hyper-V > Gestionnaire de commutateur virtuel > Nouveau > Externe, puis sélectionnez votre carte réseau physique.
Hyper-V face à VirtualBox et VMware
Hyper-V est le choix naturel si vous êtes sur Windows 11 Pro et que vous voulez zéro outil tiers. Il est intégré, performant, et gère bien les OS Windows et Linux récents. Mais il monopolise l’accès matériel : vous ne pouvez pas faire tourner VirtualBox ou VMware en parallèle tant qu’Hyper-V est actif.
VirtualBox fonctionne sur Windows 11 Famille et reste plus simple pour des tests ponctuels. VMware Workstation offre plus d’options avancées (snapshots, clonage lié), mais la version complète est payante.
Pour tester des OS, isoler un environnement ou monter un petit lab, Hyper-V fait le travail sans rien installer de plus. Et si votre PC Windows 11 commence à ramer après plusieurs VMs, vérifiez ces réglages de performances avant d’acheter plus de RAM.
Après l’installation : quelques vérifications
Une fois votre première VM démarrée, installez les Integration Services. Ils sont déjà intégrés dans Windows 10/11 comme invité. Sur certaines distributions Linux, ajoutez-les manuellement : sudo apt install linux-azure sous Ubuntu/Debian. Cela améliore la résolution d’écran, le presse-papiers partagé et la réactivité de la souris.
Vérifiez que la VM a bien accès à Internet via le switch configuré. Si les performances vous semblent faibles, allouez plus de cœurs virtuels (2 ou 4 selon votre CPU) et placez le disque virtuel sur un SSD plutôt qu’un disque mécanique.
Ingénieur informaticien indépendant depuis plus de vingt ans, Philippe Banquet est spécialisé dans l’administration Linux/Unix, le scripting et le développement en C, Perl et shell. Auteur technique et formateur, il privilégie une approche terrain, claire et pédagogique pour expliquer les systèmes, les réseaux et les environnements professionnels.



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