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Windows

Windows 11 déçoit : l’outil de migration utile passe à la trappe

Philippe Banquet 3 min de lecture
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Microsoft vient de prolonger le support de Windows 10 jusqu’en octobre 2027, une bouffée d’oxygène pour les irréductibles. Mais dans le même élan, la firme de Redmond a discrètement enterré son outil de migration PC à PC. Résultat : le grand déménagement vers Windows 11 se fera à l’ancienne, cartons compris.

Windows 11 : la migration PC à PC passe à la trappe

La fonction avait tout pour plaire. Testée depuis l’été 2025 dans les canaux de préversion, elle promettait de transférer fichiers et réglages entre deux machines via le réseau local, sans câble ni disque externe. Quatorze mois de tests plus tard, les builds Release Preview 26100.9539 et 26200.9539 sonnent le glas de cette belle promesse.

Microsoft classe désormais l’outil en « dépréciée ». Un mot poli pour dire qu’il faut l’oublier. La firme redirige tout le monde vers Sauvegarde Windows, comprenez OneDrive. Sauf que le stockage gratuit plafonne à 5 Go. Au-delà, il faudra sortir la carte bleue pour un abonnement Microsoft 365.

Un scénario déjà vu en 2015

L’histoire bégaie. À l’époque de Windows 10, Microsoft avait sacrifié son ancien assistant Transfert de fichiers et paramètres Windows. La relève était assurée par Laplink et son logiciel PCmover Express, offert pour l’occasion. Onze ans plus tard, la maison rejoue la même partition, sauf que le partenaire a été remplacé par son propre service en ligne.

Un déménageur qui reprend son camion pour vous vendre un garde-meuble à l’année. Voilà l’image qui me vient. Sauf qu’ici, la facture risque de s’accumuler mois après mois.

OneDrive devient le passage obligé pour migrer vers Windows 11

En faisant transiter votre vie numérique par le cloud plutôt que par le réseau local, Microsoft transforme une opération ponctuelle en réflexe d’abonné. La sauvegarde en ligne est mise en avant partout dans Windows 11, de l’assistant d’installation aux rappels dans les réglages. Vous les avez forcément croisés, ces petites notifications insistantes.

Sept PC sur dix tournent désormais sous Windows 11 selon les chiffres de Microsoft. Les derniers résistants de Windows 10 sont précisément le public que la firme devra convaincre de bouger d’ici octobre 2027. Ceux-là garderont le choix entre la méthode artisanale et les utilitaires payants de Laplink ou d’EaseUS.

Disque externe et dimanche après-midi : la méthode retour

Pas de miracle technologique cette fois. Pour migrer de Windows 10 à Windows 11, il faudra brancher un disque externe, copier ses données à la main et prier pour rien oublier. Un dimanche après-midi entier, parfois plus, selon le volume de fichiers.

Les outils tiers comme PCmover ou EaseUS Todo PCTrans restent une option. Comptez une quarantaine d’euros pour les versions complètes. Un investissement raisonnable quand on sait que OneDrive facture son abonnement à l’année.

Une stratégie qui interroge sur les intentions de Microsoft

Pourquoi retirer un outil utile au moment où les utilisateurs en ont le plus besoin ? La question mérite d’être posée. Microsoft pousse ses services cloud avec insistance, et chaque changement de PC devient une occasion de recruter un abonné de plus.

La sauvegarde locale sur réseau disparaît des options par défaut. Les paramètres recommandent OneDrive dès le premier démarrage. Le message est clair : l’avenir du stockage sera en ligne, et il sera payant.

Les utilisateurs européens bénéficient d’un an de rab pour Windows 10, certes. Mais ce sursis ressemble davantage à une période d’essai qu’à un cadeau désintéressé. Le compte à rebours tourne, et le carton de déménagement n’a jamais été aussi lourd à porter.

La migration vers Windows 11 ne sera pas un long fleuve tranquille. Microsoft a refermé la porte du transfert simplifié, et ceux qui espéraient un passage en douceur devront mettre la main au portefeuille ou retrousser les manches. Une chose est sûre : le cloud a de beaux jours devant lui.

Source: www.01net.com

Philippe Banquet

Ingénieur informaticien indépendant depuis plus de vingt ans, Philippe Banquet est spécialisé dans l’administration Linux/Unix, le scripting et le développement en C, Perl et shell. Auteur technique et formateur, il privilégie une approche terrain, claire et pédagogique pour expliquer les systèmes, les réseaux et les environnements professionnels.

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